Archives de catégorie : Appel à contribution

Médias et liberté d’expression dans le monde des années 1980 à nos jours : progrès ou régression ?

Appel à communication – Colloque octobre 2025

En 1985, quatre journalistes fondaient à Montpellier l’organisation non gouvernementale Reporters sans frontières (RSF). Quarante ans plus tard, RSF est l’une des plus importantes ONG de défense des droits humains dans le monde, l’une des rares d’origine française. En 2025, l’organisation fêtera son quarantième anniversaire, marqué par l’organisation du transfert de ses archives à “La Contemporaine : bibliothèque, archives, musée des mondes contemporains” (située sur le campus de l’université de Nanterre), et leur future ouverture à la recherche.

Cet anniversaire doit être l’occasion de revenir non seulement sur l’histoire de RSF – ses changements de direction et de stratégie, ses grands “coups” ou ses quatre-vingt numéros d’albums photos -, mais aussi sur les rapports complexes entre médias, au sens large du terme, pouvoirs, dans leur diversité, et organisations qui défendent les droits humains et, plus spécifiquement, la liberté d’expression dans le monde. Les espoirs d’une nouvelle « révolution des (et par les) droits de l’homme » ont-ils été exaucés ? La liberté d’enquêter et de publier les résultats de ces enquêtes est-elle mieux garantie aujourd’hui qu’hier ? Quels sont les risques encourus par les journalistes, mais aussi par les écrivains, les artistes, voire de simples citoyens désireux de communiquer le fruit de leur travail ou de leurs réflexions au plus grand nombre ? La censure au sens classique du terme (intervention a priori de la diffusion d’un message par une autorité politique, administrative ou religieuse) a-t-elle cédé la place à des formes de contrôle plus diffuses ? Le fossé entre la conception de la liberté d’expression dans les démocraties libérales et celle qui prévaut dans les régimes autoritaires s’est-il élargi ou resserré ? Dans quelle mesure la liberté d’expression est-elle un droit absolu et universel ? Quelles ont été et quelles sont aujourd’hui les modalités d’action des organisations non gouvernementales qui luttent pour l’effectivité de ce droit partout dans le monde ?

Ces questions, volontairement très larges, pourront être abordées sous de multiples angles par des chercheurs et chercheuses d’horizons géographiques et disciplinaires variés. La date limite d’envoi des propositions de communication, sous la forme d’un fichier PDF ne dépassant pas une page (et accompagné d’un bref CV de l’auteur ou de l’autrice) est fixée au 15 janvier 2025. Elles seront évaluées par un comité scientifique, indépendant de RSF, qui établira la liste des propositions retenues au plus tard le 15 février 2025. L’adresse à laquelle envoyer ces propositions est la suivante : mediascolloque@gmail.com

Ce colloque sera organisé conjointement par La Contemporaine et l’Université de la Sorbonne-Nouvelle en octobre 2025.

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Call for papers – October 2025 symposium

Media and freedom of expression in the world from the 1980s to the present day: progress or regression?

In 1985, four journalists founded the non-governmental organisation Reporters Without
Borders (RSF) in Montpellier. Forty years later, RSF is one of the largest human rights NGOs
in the world, and one of the few of French origin. In 2025, the organisation will celebrate its
fortieth anniversary, marked by the transfer of its archives to “La Contemporaine:
bibliothèque, archives, musée des mondes contemporains” (located on the campus of
Nanterre University), and their future opening to research.

This anniversary should be an opportunity to look back not only on the history of RSF – its
changes in management and strategy, its major “communication operations” and its eighty
issues of photo albums – but also on the complex relationship between the media, in the
broadest sense of the term, the powers that be, in all their diversity, and the organisations that
defend human rights and, more specifically, freedom of expression around the world. Have
the hopes of a new “human rights revolution” been fulfilled? Is the freedom to investigate and
to publish the results of these investigations better guaranteed today than in the past? What
are the risks run by journalists, but also by writers, artists and even ordinary citizens wishing
to communicate the fruits of their work or their thoughts to as many people as possible? Has
censorship in the traditional sense of the term (a priori intervention by a political,
administrative or religious authority in the dissemination of a message) given way to more
diffuse forms of control? Has the gap between the concept of freedom of expression in liberal
democracies and that prevailing in authoritarian regimes widened or narrowed? To what
extent is freedom of expression an absolute and universal right? What have been, and what
are today, the forms of action taken by non-governmental organisations fighting for the
effectiveness of this right throughout the world?

These questions, which are deliberately very broad, may be addressed from a number of
angles by researchers from a variety of geographical and disciplinary backgrounds. The
deadline for submitting proposals is 15 January 2025, in the form of a PDF file of no more
than one page (accompanied by a brief CV of the author). They will be assessed by a
scientific committee, independent of RSF, which will draw up a list of successful proposals
by 15 February 2025 at the latest. Proposals should be sent to the following e-mail address:
mediascolloque@gmail;com

This conference will be organised jointly by La Contemporaine and the Université de la
Sorbonne-Nouvelle in October 2025.

Femmes artistes dans l’espace Atlantique : migrations, création, émancipation

Ce colloque vise à explorer les effets des circulations culturelles transatlantiques dans les parcours individuels et collectifs des artistes femmes (XVIIIe-XXIe siècle) dans les divers domaines de la création (cinéma, littérature, arts visuels, arts de la scène, musique, architecture…). 

Le colloque aura lieu les 4 et 5 avril 2025.

Pour en savoir plus : https://calenda.org/1188607

Associations, réseaux, cercles et salons. Regroupements de professionnel·les et industrie du cinéma (1917-1961)

Ce colloque propose de s’intéresser aux modalités informelles de regroupements des professionnel·les du film (liens familiaux ou amicaux, réseaux de solidarité, associations professionnelles ou de loisir, militantisme politique…), et au rôle qu’ils jouent dans la production et la circulation des films. En quoi les marges des espaces professionnels influencent-t-elles la production ? Comment documenter et mesurer l’impact des échanges qui se font en retrait des plateaux et des studios ? Peut-on faire l’histoire d’un film, ou plus largement d’une production, à partir d’autres lieux que le studio ? Il ne s’agit donc pas de se pencher sur les modes de production alternatifs, mais plutôt sur les liens qui opèrent entre diverses formes de regroupements et l’industrie du cinéma.

Colloque international, Paris 8/Montpellier 3, Les 28 et 29 mars 2025 (Galerie Colbert)

Pour en savoir plus : https://calenda.org/1186437

Appel « Histoires culturelles » de la RHC

Pour son 10e numéro intitulé « Histoires culturelles », la Revue d’histoire culturelle XVIIIe-XXIe siècles (RHC) lance un appel à articles. L’objet est de faire le point sur le chemin parcouru dans ce champ de l’histoire depuis qu’il s’est organisé et structuré et qu’il a conquis une reconnaissance scientifique et institutionnelle. Plusieurs moments ont scandé ces évolutions que nous souhaitons mettre en évidence et préciser, depuis les années 1960 et 1970 marquées par les brisées de l’histoire des mentalités jusqu’aux mutations les plus récentes en passant par les remises en cause des années 1980 et les renouvellements des années 2000 illustrés, en particulier, par la publication du colloque de Cerisy Histoire culturelle du contemporain en 2004.

Chemin faisant, « l’histoire culturelle à la française » a précisé ses questionnements autour de l’« histoire sociale des représentations » (notamment entre l’histoire culturelle du social et l’histoire sociale du culturel) comme elle a cherché à expliciter ses frontières comme ses différences avec d’autres disciplines en France et à l’étranger. De nouvelles perspectives sont apparues autour de la New Cultural History, de l’histoire des cultures populaires, de l’histoire des imaginaires et du symbolique, de l’histoire des sens et des sensibilités, de celle des circulations, des médiations et des réceptions.

Cette histoire culturelle au pluriel a permis à plusieurs générations d’historiens et d’historiennes de se rencontrer, de faire émerger de nouvelles problématiques, de mettre en évidence de nouveaux objets, de travailler sur de multiples sources, écrites, orales, sonores, visuelles et audiovisuelles. Elle fait apparaître la spécificité d’un regard culturel caractérisé par une curiosité appliquée à des objets parfois inattendus, sans hiérarchie et sans jugement et par une attention aux processus de fabrique, de diffusion voire de disparition des phénomènes observés.

Au regard de ce foisonnement, il s’agira d’analyser l’histoire du développement du champ en France comme à l’international et de mettre en lumière les proximités et les différences avec d’autres disciplines. Une approche historiographique pourra être proposée.

Le numéro s’intéressera autant à des objets spécifiques qu’aux pratiques ou aux démarches plus globales qui les construisent et les analysent. Des analyses portant sur différentes périodes, sans exclusive, seront par ailleurs bienvenues.

Les articles pourront aussi interroger l’articulation entre les « histoires culturelles » et les questionnements relatifs au genre comme aux différentes formes de domination.

Les articles pourront s’insérer dans les différentes rubriques (« Épistémologie en débats », « Dossier », « Varia », « Fictions historiques », « Médias et écritures de l’histoire, « Atelier de la recherche », « Actualités », « Comptes rendus ») présentées sur le site de la revue accessible à partir du lien suivant https://journals.openedition.org/rhc/80#tocto1n1

Échéancier et modalités pratiques : 

  • Soumission d’un résumé (2 500 signes maximum) et d’une brève notice bio-

bibliographique avant le 15 octobre 2024 à l’adresse suivante :

revuedeladhc@gmail.com.

  • Notification aux auteurs : au plus tard le 1er novembre 2024
  • Remise première version des articles (50 000 signes environ espaces compris

maximum) : 1er février 2025 

  • Retour des expertises des articles : 15 mars 2025 
  • Remise version 2 par les auteurs : 15 avril 2025 
  • Publication du numéro 10 de la revue : 30 mai 2025 

Pour en savoir plus sur la revue et consulter les instructions aux auteurs :

https://journals.openedition.org/rhc/3059

Les articles peuvent être écrits en français ou en anglais.

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Call for “Histoires culturelles”

En

July 25, 2024

For its 10th issue entitled “Histoires culturelles”, the Revue d’histoire culturelle XVIIIe-XXIe siècles (RHC) is launching a call for articles. The aim is to take stock of the progress made in this field of history since it became organized and structured, and gained scientific and institutional recognition.

Several moments have punctuated these evolutions that we wish to highlight and specify, from the 1960s and 1970s, marked by the breakdowns in the history of mentalities, to the most recent changes, including the questioning of the 1980s and the renewals of the 2000s, illustrated, in particular, by the publication of the Cerisy Histoire culturelle du contemporain in 2004.

Along the way, “French cultural history” has clarified its questions around the “social history of representations” (notably between the cultural history of the social and the social history of the cultural), as well as its boundaries and differences with other disciplines in France and abroad. New perspectives have emerged around New Cultural History, the history of popular cultures, the history of the imaginary and the symbolic, the history of senses and sensibilities, and the history of circulation, mediation and reception.

This multi-faceted cultural history has enabled several generations of historians to meet, raise new issues, highlight new objects, and work with multiple sources – written, oral, audio, visual and audiovisual. It reveals the specificity of a cultural approach characterized by a curiosity applied to sometimes unexpected objects, without hierarchy or judgment, and by an attention to the processes by which observed phenomena are produced, disseminated or even disappear.

Against this backdrop, we will analyze the history of the field’s development in France and abroad, highlighting similarities and differences with other disciplines. A historiographical approach may also be proposed.

The issue will focus as much on specific objects as on the more global practices or approaches that construct and analyze them. Analyses of different periods, without exclusivity, are also welcome.

Articles may also explore the links between “cultural histories” and questions relating to gender and different forms of domination.

Articles can be inserted into the various sections (“Epistemology in debates”, “Dossier”, “Varia”, “Historical fictions”, “Media and writing history”, “Research workshop”, “News”, “Reviews”) presented on the journal’s website, accessible via the following link https://journals.openedition.org/rhc/80#tocto1n1.

Deadline and practical details:

– Submission of an abstract (maximum 2,500 characters) and a brief bio-bibliographical note by October 15, 2024 to the following address: revuedeladhc@gmail.com.

– Notification to authors: by November 1, 2024 at the latest.

– Submission of first drafts of articles (max. 50,000 characters including spaces): February 1, 2025

– Return of article reviews: March 15, 2025

– Submission of version 2 by authors: April 15, 2025

– Publication of issue 10 of the magazine: May 30, 2025

For further information on the journal and instructions for authors: https://journals.openedition.org/rhc/3059

Articles may be written in French or English.  

RHC – Appel à communications – “Une histoire culturelle des bibliothèques dans le monde” (dossier du numéro 11)

Revue d’histoire culturelle  (XVIIIe-XXIe siècles)

Numéro 11   

Appel à communications

Une histoire culturelle des bibliothèques dans le monde

L’étude des bibliothèques s’inscrit dans l’histoire culturelle au croisement de l’histoire sociale, des savoirs, des imaginaires, des politiques et des pratiques culturelles. Leurs formes, les projets qui les sous-tendent, leurs usages et leurs représentations ont évolué en même temps que les sociétés qui les ont financées, construites et fait vivre. Elles ont été conçues, successivement ou en même temps, comme des outils d’émancipation intellectuelle, de construction d’une identité collective, réelle ou imaginée, ou d’intégration sociale. Elles ont aussi pu faire l’objet d’antagonismes notamment liés à des cultures professionnelles opposées ou concurrentes, ou être victimes de censure. Elles ont été contestées et transformées au fur et à mesure qu’évoluaient les représentations dominantes et les rapports de pouvoir. Ainsi, aux collections des Lumières ont succédé les bibliothèques « nationales » du dix-neuvième siècle européen, puis les grands projets philanthropiques américains, avant que ne prennent le relais les réalisations de l’éducation populaire, le développement de la lecture publique, les médiathèques de la fin du vingtième siècle, les bibliothèques numériques contemporaines et les « tiers lieux » du début du XXIe siècle.

Ce numéro de la Revue d’histoire culturelle XVIIIe-XXIe siècles consacré à « l’histoire culturelle des bibliothèques dans le monde » envisagera cette histoire à partir de trois points de vue : la place de la bibliothèque dans la fiction et les arts ; la bibliothèque comme projet – ou contre-projet – collectif ; la bibliothèque comme pratique sociale.

1° Raconter, dessiner, bâtir les bibliothèques

  • Récits de vie, fictions : écrire la vie à la bibliothèque
  • Cinéma et arts graphiques : donner à voir la bibliothèque
  • Dystopies, uchronies : d’autres bibliothèques
  • Les bibliothèques comme métaphores
  • Bâtir la bibliothèque : dessins et projets d’architectes

2° Bibliothèques, idéologies et projets culturels

  • Ouvrir les collections à de nouveaux usagers : le projet des Lumières
  • Les bibliothèques « nationales » : collections et identités imaginées (XIXe-XXe siècle)
  • Bibliothèque et philanthropie : le modèle américain et sa diffusion (XIXe-XXe siècle)
  • Fragilité des bibliothèques : destructions, épurations, abandons (XXe-XXIe siècle)
  • Bibliothèques et anthropocène : les contestations féministes et post-coloniales (XXe-XXIe siècle)

3° Les bibliothèques comme pratiques sociales

  • Le métier de bibliothécaire (XVIIIe-XXIe siècle)
  • Classification, catalogages, bases de données : des enjeux de pouvoir ?
  • Naissance, triomphe (et disparition ?) de la médiathèque
  • Les publics, réels et imaginés, des bibliothèques : enfants, érudits et SDF ou ceux qu’on n’attendait pas
  • Usages et mésusages du lieu : le règlement et ses avatars

Bibliographie

Alibert Florence, « La bibliothèque comme reflet du monde globalisé : mythes et réalités des Alexandrie contemporaines », La Gazette des archives, 2020, vol. 259, no 3, p. 13-21

Barbier Frédéric, Histoire des bibliothèques. D’Alexandrie aux bibliothèques numériques, Malakoff, Armand Colin, 2021.

Barbier, Frédéric, http://histoire-du-livre.blogspot.com/ [en ligne]

Bert Jean-François et Jérôme Lamy, Voir les savoirs. Lieux, objets et gestes de la science, Paris, Anamosa, 2021.

Bertrand Anne-Marie, Bibliothèque publique et Public Library. Essai de généalogie comparée, Villeurbanne, Presses de l’Enssib, 2010.

Chapron, Emmanuelle, « Ad utilità pubblica ». Politique des bibliothèques et pratiques du livre à Florence au XVIIIe siècle, Genève, Librairie Droz, 2009.

Darnton, Robert, Apologie du livre. Demain, aujourd’hui, hier, Paris, Gallimard, 2011.

Jacob, Christian (dir.), Lieux de savoir. Espaces et communautés, Paris, A. Michel, 2007.

Jacob, Christian (dir.), Lieux de savoir 2. Les mains de l’intellect, Paris, A. Michel, 2010

Lajeunesse, Marcel, Lecture publique et culture au Québec : XIXe et XXe siècles, Sainte-Foy (Québec), Presses de l’Université du Québec, 2004.

Lankes, R. David, Exigeons de meilleures bibliothèques: plaidoyer pour une bibliothéconomie nouvelle, traduit par Jean-Michel Lapointe, Montréal, Sens public, 2018.

Lerner, Frederick Andrew, The Story of Libraries: From the Invention of Writing to the Computer Age, New York, Continuum, 2009.

Vernet André et al., Histoire des bibliothèques françaises, Paris, Promodis - Éditions. du Cercle de la Librairie, 1988-1992, 4 vol.

Échéancier et modalités pratiques : 

  • Soumission d’un résumé (2 500 signes maximum) et d’une brève notice bio-bibliographique avant le 20 octobre 2024 aux quatre adresses suivantes : benjamin.caraco@gmail.com ; cjc.lavenir@hotmail.com ; elise-lehoux@orange.fr ; revuedeladhc@gmail.com.
  • Notification aux auteurs : 30 novembre 2024
  • Remise première version des articles (50 000 signes environ espaces compris maximum) : 28 février 2025 
  • Retour des expertises des articles : 30 avril 2025 
  • Remise version 2 par les auteurs : 31 mai 2025 
  • Publication du numéro 9 de la revue : 31 octobre 2025 

Pour en savoir plus sur la revue et consulter les instructions aux auteurs : https://journals.openedition.org/rhc/3059

Les articles peuvent être écrits en français ou en anglais.

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Number 11  

Call for papers

A cultural history of libraries worldwide

The study of libraries is situated within cultural history at the intersection of social history, history of knowledge, the history of imaginaries, political history, and the history of cultural practices. Their forms, their projects, their uses, and their representations have evolved alongside the societies that have financed, built and supported them. They have been conceived, either successively or concurrently, as tools for intellectual emancipation, for the construction of a collective identity, real or imagined, or for social integration. They have also been the object of antagonisms, particularly related to opposing or competing professional cultures, or have been the victims of censorship. They have been contested and transformed as dominant representations and power relations have evolved. Thus, the collections of the Enlightenment were succeeded by the “national” libraries of nineteenth-century Europe, then the great American philanthropic projects, before the achievements of popular education, the development of public reading, the media libraries of the late twentieth century, contemporary digital libraries and the “third places” of the early twenty-first century took over.

This issue of the Revue d’histoire culturelle XVIIIe-XXIe siècles, devoted to “the cultural history of libraries worldwide”, will consider this history from three points of view: the place of the library in fiction and the arts; the library as a collective project – or counter-project; the library as a social practice.

1° Telling, drawing, building libraries

– Life stories and fiction: writing about life in the library

– Cinema and graphic arts: making the library visible

– Dystopias, uchronies: other libraries

– Libraries as metaphors

– Building the library: architectural drawings and projects

2° Libraries, ideologies and cultural projects

– Opening collections to new users: the Enlightenment project

– National libraries: collections and imagined identities (19th-20th centuries)

– Libraries and philanthropy: the American model and its spread (19th-20th centuries)

– Fragile libraries: destruction, purification, abandonment (20th-21st centuries)

– Libraries and the Anthropocene: feminist and post-colonial challenges (20th-21st centuries)

3° Libraries as social practices

– The librarian profession (18th-21st centuries)

– Classification, cataloguing, databases: issues of power?

– Birth, triumph (and demise?) of the media library

– Real and imagined library audiences: children, scholars, the homeless and the unexpected

– Uses and misuses of space: rules and regulations and their avatars

Deadline and practical details:

– Submission of an abstract (maximum 2,500 characters) and a brief bio-bibliographical note by October 20, 2024 to the following four addresses: benjamin.caraco@gmail.com ; cjc.lavenir@hotmail.com ; elise-lehoux@orange.fr ; revuedeladhc@gmail.com.

– Notification to authors: November 30, 2024

– Submission of first drafts of articles (max. 50,000 characters including spaces): February 28, 2025

– Return of article reviews: April 30, 2025

– Submission of version 2 by authors: May 31, 2025

– Publication of issue 9 of the magazine: October 31, 2025

For more information on the journal and instructions for authors: https://journals.openedition.org/rhc/3059

Articles may be written in French or English.

Bibliography

Alibert Florence, « La bibliothèque comme reflet du monde globalisé : mythes et réalités des Alexandrie contemporaines », La Gazette des archives, 2020, vol. 259, no 3, p. 13-21

Barbier Frédéric, Histoire des bibliothèques. D’Alexandrie aux bibliothèques numériques, Malakoff, Armand Colin, 2021.

Barbier, Frédéric, http://histoire-du-livre.blogspot.com/ [online]

Bert Jean-François et Jérôme Lamy, Voir les savoirs. Lieux, objets et gestes de la science, Paris, Anamosa, 2021.

Bertrand Anne-Marie, Bibliothèque publique et Public Library. Essai de généalogie comparée, Villeurbanne, Presses de l’Enssib, 2010.

Chapron, Emmanuelle, « Ad utilità pubblica ». Politique des bibliothèques et pratiques du livre à Florence au XVIIIe siècle, Genève, Librairie Droz, 2009.

Darnton, Robert, Apologie du livre. Demain, aujourd’hui, hier, Paris, Gallimard, 2011.

Jacob, Christian (dir.), Lieux de savoir. Espaces et communautés, Paris, A. Michel, 2007.

Jacob, Christian (dir.), Lieux de savoir 2. Les mains de l’intellect, Paris, A. Michel, 2010

Lajeunesse, Marcel, Lecture publique et culture au Québec : XIXe et XXe siècles, Sainte-Foy (Québec), Presses de l’Université du Québec, 2004.

Lankes, R. David, Exigeons de meilleures bibliothèques. Plaidoyer pour une bibliothéconomie nouvelle, traduit par Jean-Michel Lapointe, Montréal, Sens public, 2018.

Lerner, Frederick Andrew, The Story of Libraries: From the Invention of Writing to the Computer Age, New York, Continuum, 2009.

Vernet André et al., Histoire des bibliothèques françaises, Paris, Promodis - Éditions du Cercle de la Librairie, 1988-1992, 4 vol.

Musique folklorique et imaginaires politiques dans l’Europe des années 1930

Université de Leeds, 25-26 octobre 2024

Appel à communications

En tant que pratique sociale et source d’émotions esthétiques, la musique constitue une porte d’entrée privilégiée pour saisir la recomposition des imaginaires politiques[1] et les remises en cause du modèle libéral dans les années 1930. Comment, la modernité acoustique, marquée par l’accélération et l’internationalisation des appropriations et des circulations musicales (avec notamment l’essor du disque et de la radio), se conjugue-t-elle avec le déploiement d’imaginaires politiques réactionnaires dominés par des paradigmes locaux (nationaux et régionaux) ? L’opposition entre régimes autoritaires et démocraties libérales se traduit-elle dans la manière dont ces régimes mobilisent les arts à des fins politiques ou diplomatiques ? Ces questions appellent à une approche doublement comparative : entre les différents genres musicaux (classique, chanson, opérette, jazz, folklore) et entre les différents pays européens.

Le programme de recherche « Musiques et imaginaires politiques dans l’Europe des années 1930 » vise à répondre à ces questions. Pour ce faire, il a donné lieu à deux premières manifestations scientifiques dont le but était de baliser un terrain de recherche : un atelier préparatoire organisé à la Bibliothèque Lagrange‑Fleuret (24‑25 mars 2023) et un colloque à Royaumont (23‑25 novembre 2023). Les autres événements organisés dans le cadre de ce programme de recherche seront consacrés à des thématiques particulières.

Le colloque qui se tiendra à l’université de Leeds portera sur les relations entre musiques folkloriques et imaginaires politiques dans l’Europe des années 1930. Pendant cette décennie, en effet, les travaux sur le folklore musical, engagés depuis la fin du XIXe siècle, prennent une dimension nouvelle, notamment en termes d’institutionnalisation, d’internationalisation et d’usages politiques. De plus, l’émergence de l’ethnologie musicale suscite des débats dans la définition du folklore et des réalités qu’il recouvre.

Seront privilégiées les communications qui aborderont ces relations à partir des thématiques suivantes :

  • les définitions de la musique folklorique dans les écrits théoriques ou méthodologiques (congrès internationaux, manuels de folklore, travaux de folklore ou d’ethnologie, presse, etc.)
  • les enjeux politiques de la mobilisation du folklore dans des expositions et manifestations locales, nationales ou internationales et des expositions. Exemples : pageants, Jeux Olympiques, Congrès International des Arts Populaires de Prague (1928), Congrès mondial des loisirs de Hambourg (1936), Congrès international de folklore (Paris, 1937)
  • le lien entre folklore musical, danse et costumes, notamment dans les manifestations publiques mentionnées ci-dessus
  • le rôle des institutions, des individus et des publications (livres, revues, partitions disques) dans le développement des études folkloriques consacrées à la musique
  • l’usage du folklore dans la musique classique européenne, dans le jazz et dans la chanson
  • l’usage du folklore dans l’enseignement

Informations pratiques:

  • Langue des communications: français, anglais, allemand.
  • Langue du support visuel (diaporama ou autre) : anglais.
  • Durée des communications : 20 minutes.
  • Soumission des propositions: formulaire (résumé de 250 mots + notice biographique).

Délai de soumission : 22 juillet 2024 à b.kelly1@leeds.ac.uk et martin.guerpin@univ-evry.fr

Comité d’organisation : Barbara Kelly (University of Leeds), Martin Guerpin (Université d’Évry), Philippe Gumplowicz (Université d’Évry), Anaïs Fléchet (Sciences Po Strasbourg).

Comité scientifique: Barbara Kelly (University of Leeds), Martin Guerpin (Université d’Évry), Philippe Gumplowicz (Université d’Évry), Anaïs Fléchet (Sciences Po Strasbourg), Michel Duchesneau (Université de Montréal), Federico Lazzaro (Université de Fribourg), Christopher Moore (Université d’Ottawa), Fritz Trümpi (Universität für Musik und darstellende Kunst Wien).

Bibliographie sélective

Boëll, Denis-Michel, Jacqueline Christophe, et Régis Meyran. Du Folklore à l’ethnologie. Les Editions de la MSH, 2014.

Cole, Ross. The Folk: Music, Modernity, and the Political Imagination. Berkeley, University of California Press, 2021.

Ducci, Annamaria. « Le musée d’art populaire contre le folklore. L’Institut International de Coopération Intellectuelle à l’époque du Congrès de Prague », Revue germanique internationale, no 21 (29 mai 2015): 133‑48.

Garberding, Petra. « “There are dangers to be faced”: Cooperation within the International Association of Folklore and Ethnology in 1930s Europe ». Journal of Folklore Research 49, no 1 (2012): 25‑71.

Garberding, Petra. « Wissenschaft und Politik in der Volkskunde/Europäischen Ethnologie während der NS-Zeit: Die Rolle Åke Campbells ». In Jahrbuch für Europäische Ethnologie, 31‑57. Brill Schöningh, 2023.

Georget, Jean-Louis. « Pour une autre histoire de la Volkskunde ». Revue de l’IFHA. Revue de l’Institut français d’histoire en Allemagne, no 1 (30 septembre 2009): 235‑53.

LaPasha, Robin. « Amateurs and enthusiasts: folk music and the Soviet state on stage in the 1930s ». In Soviet Music and Society under Lenin and Stalin, 139‑63. Routledge, 2004.

Rogan, Bjarne. « Folk Art and Politics In Inter-War Europe: An Early Debate on Applied Ethnology ». Folk Life 45, no 1 (1 janvier 2006): 7‑23.

Simeone, William E. « Fascists and Folklorists in Italy ». The Journal of American Folklore 91, no 359 (1978): 543‑57.

Velay-Vallantin, Catherine. « Le Congrès International de folklore de 1937 ». Annales 54, no 2 (1999): 481‑506.

Folk Music and the Political Imagination in Europe in the 1930s

University of Leeds, 25-26 octobre 2024

Call for papers

Comité scientifique/Programme Committee: Barbara Kelly (University of Leeds), Martin Guerpin (Université d’Évry), Philippe Gumplowitz (Université d’Évry), Fritz Trümpi (Universität für Musik und darstellende Kunst Wien) and Federico Lazzaro (Université de Fribourg)

As a social practice and a source of aesthetic emotion, music can be an ideal entry point for understanding the rethinking of the political imagination[2] and the challenges to the liberal model in the 1930s. How does acoustic modernity, marked by the acceleration and internationalisation of musical appropriation and circulation (with the rise of recording and radio in particular), combine with the deployment of reactionary political thinking, which was dominated by local (national and regional) paradigms? Is the opposition between authoritarian regimes and liberal democracies reflected in the way these regimes mobilise the arts for political or diplomatic ends? These questions call for a two‑fold comparative approach: between different musical genres (classical, chanson, operetta, jazz, folklore) and between different European countries.

The ‘Music and the Political Imagination in 1930s Europe’ programme aims to answer these questions. To this end, it has given rise to two initial scientific events, the aim of which was to prepare the ground for research: a preparatory workshop organised at the Bibliothèque Lagrange Fleuret (24 25 March 2023) and a symposium at Royaumont (23 25 November 2023). The other events organised as part of this research programme will be devoted to specific themes.

The colloquium to be held at the University of Leeds will focus on the relationship between folk music and the political imagination in Europe in the 1930s. During this decade, work on musical folklore, which had been underway since the end of the nineteenth century, took on a new dimension, particularly in terms of institutionalisation, internationalisation and political uses. In addition, the emergence of musical ethnology has given rise to debates on the definition of folklore and the realities it covers.

Priority will be givento papers that address these relationships through the following themes:

– definitions of folk music in theoretical or methodological writings (international congresses, folklore manuals, works on folklore or ethnology, the press, etc.)

– the political issues involved in mobilising folklore in local, national or international exhibitions and events. Examples include, pageants, Olympic Games, International Congress of Popular Arts in Prague (1928), World Congress of Leisure in Hamburg (1936), International Congress of Folklore (Paris, 1937)

– the link between musical folklore, dances and costumes (notably in the aforementioned events and exhibitions)

– the role of institutions, individuals and publications (books, magazines, record scores) in the development of folklore studies devoted to music

– the use of folklore in European classical music, jazz and song

– the use of folklore in teaching

Practical information:

  • Languages for paper presentations: French, English and German.
  • Language of audiovisual aids: English (Powerpoint etc.).
  • Length of papers: 20 minutes.
  • Submission of proposals: summary of 250 words plus short biography (c. 75 words).

Deadline for submissions :22 July 2024 to b.kelly1@leeds.ac.uk and martin.guerpin@univ-evry.fr

Colloquium organizers : Barbara Kelly (University of Leeds), Martin Guerpin (Université d’Évry), Philippe Gumplowicz (Université d’Évry), Anaïs Fléchet (Sciences Po Strasbourg).

Scientific committee: Barbara Kelly (University of Leeds), Martin Guerpin (Université d’Évry), Philippe Gumplowicz (Université d’Évry), Anaïs Fléchet (Sciences Po Strasbourg), Michel Duchesneau (Université de Montréal), Federico Lazzaro (Université de Fribourg), Christopher Moore (Université d’Ottawa), Fritz Trümpi (Universität für Musik und darstellende Kunst Wien).

Selected bibliography

Boëll, Denis-Michel, Jacqueline Christophe, et Régis Meyran. Du Folklore à l’ethnologie. Les Editions de la MSH, 2014.

Cole, Ross. The Folk: Music, Modernity, and the Political Imagination. Berkeley, University of California Press, 2021.

Ducci, Annamaria. « Le musée d’art populaire contre le folklore. L’Institut International de Coopération Intellectuelle à l’époque du Congrès de Prague », Revue germanique internationale, no 21 (29 mai 2015): 133‑48.

Garberding, Petra. « “There are dangers to be faced”: Cooperation within the International Association of Folklore and Ethnology in 1930s Europe ». Journal of Folklore Research 49, no 1 (2012): 25‑71.

Garberding, Petra. « Wissenschaft und Politik in der Volkskunde/Europäischen Ethnologie während der NS-Zeit: Die Rolle Åke Campbells ». In Jahrbuch für Europäische Ethnologie, 31‑57. Brill Schöningh, 2023.

Georget, Jean-Louis. « Pour une autre histoire de la Volkskunde ». Revue de l’IFHA. Revue de l’Institut français d’histoire en Allemagne, no 1 (30 septembre 2009): 235‑53.

LaPasha, Robin. « Amateurs and enthusiasts: folk music and the Soviet state on stage in the 1930s ». In Soviet Music and Society under Lenin and Stalin, 139‑63. Routledge, 2004.

Rogan, Bjarne. « Folk Art and Politics In Inter-War Europe: An Early Debate on Applied Ethnology ». Folk Life 45, no 1 (1 janvier 2006): 7‑23.

Simeone, William E. « Fascists and Folklorists in Italy ». The Journal of American Folklore 91, no 359 (1978): 543‑57.

Velay-Vallantin, Catherine. « Le Congrès International de folklore de 1937 ». Annales 54, no 2 (1999): 481‑506.


[1] Compris comme des ensembles de représentations et de mythes fondateurs qui structurent et conditionnent nos manières de penser le champ et les questions politiques.

[2] Understood as a set of representations and myths that frame our ways of thinking about the political field and political issues.

AAC – « Histoire transmédia : Circulations, reconfigurations et nouvelles méthodologies » – 27-28 janvier 2025, Université de Lausanne

Nous avons le plaisir de vous transmettre l’appel à contributions pour le colloque international organisé par le projet Impresso (impresso-project.ch) et la Section d’histoire de l’Université de Lausanne (unil.ch/hist), les 27 et 28 janvier 2025, sur la thématique « Histoire transmédia : Circulations, reconfigurations et nouvelles méthodologies/Transmedia History: Circulations, Reconfigurations and New Methodologies ». 

Plus d’informations et appel à contributions complet sur le site du colloque: https://impresso.github.io/transmedia/fr

L’objectif de cette manifestation scientifique étant de contribuer à la clarification et au développement de l’approche transmédia dans une perspective historique et de longue durée et, plus largement, à promouvoir une histoire décloisonnée des médias, nous encourageons les contributions de chercheuses et de chercheurs, juniors et seniors, qui souhaitent partager leurs approches empiriques et méthodologiques dans ce domaine.

Les propositions (350 mots max.) sont à soumettre avant le 15 juillet 2024 au moyen de la plateforme suivante : https://easychair.org/conferences/?conf=transmedia2025  

« Récits audiovisuels du XIXe siècle (1789-1914) » Septembre 2024 – L’atelier du centre d’histoire du XIXe siècle

« Récits audiovisuels du XIXe siècle (1789-1914) »
11 Septembre 2024
 
L’atelier du centre d’histoire du XIXe siècle – saison 4
Laurent Bihl, Sébastien Denis, Sébastien Le Pajolec


Dans la continuité des trois précédents ateliers du centre du XIXe siècle, « Écrire le XIXe siècle par l’image » (décembre 2016), « Genre et jeux d’échelles, du local au transnational » (juin 2019), « D’autres ordres possibles ? » (Février 2023), nous proposons un nouvel épisode de ce moment important dans la vie de notre laboratoire.

Sous forme documentaire ou fictionnelle, issus de scénarios originaux ou d’adaptations littéraires, les récits audiovisuels reconfigurent un long XIXe siècle en fonction de multiples héritages, contraintes (techniques comme économiques) et intentions. Ils reconstruisent des passés, et non pas le passé, par des mots, des images et des sons. Ils élaborent un XIXe siècle spécifique par des découpages scénaristiques et des costumes, des mouvements de caméra et des décors, des jeux d’acteur et des choix de montage. Ils déploient leurs écritures sur des supports différents, le cinéma comme la télévision, et dans des formats hétérogènes, longs métrages et téléfilms ou séries et feuilletons. Ils privilégient des périodes, des auteurs, des événements, des figures, des stéréotypes, des espaces géographique et sociaux au détriment d’autres, délaissés. Mais, à rebours du poids des imaginaires dominants, il arrive que ces représentations s’attachent à des protagonistes plus négligés, à des temporalités moins médiatisées. Elles peuvent également idéaliser des périodes à la fois perçues comme familières et souvent mal connues, dont l’édulcoration de certaines violences ou réalités sociales laisse croire en une sorte d’âge d’or, dépourvu de toute historicité.

Les approches des créateurs audiovisuels s’avèrent particulièrement hétérogènes, en s’inscrivant dans des démarches dans lesquelles les rapports à l’histoire peuvent aller de la méticulosité de la reconstitution à l’anachronisme revendiqué. Bien sûr, ces productions témoignent en premier lieu de l’époque lors de laquelle elles ont été conçues, à travers les singularités de leurs modes de production et les enjeux sociaux et culturels qu’elles véhiculent. Elles puisent dans une somme iconographique préexistante qu’elles contribuent à pérenniser en les recyclant, en parallèle de la littérature enfantine ou de l’esthétique théâtrale. Elles contribuent dès lors à façonner nos imaginaires sociaux et sont parfois l’occasion de vifs débats dans la communauté historienne en raison de leurs erreurs ou de leur instrumentalisation. Pourtant, les publics, étudiants ou non, auxquels s’adressent les historiens dans les différents contextes de leur métier, sont nourris de ces images qui recomposent un autre XIXe siècle, qu’on en déplore l’existence ou que l’on s’en délecte.

C’est dans cette perspective que nous invitons l’ensemble des générations du Centre, des étudiant(e)s en Master 2 aux professeurs émérites, au-delà des axes de recherche dans lesquels ils s’inscrivent, à nous proposer une communication. Chacun(e) pourra s’intéresser à une séquence, un film, une série, un documentaire ou un feuilleton en lien avec ses objets de recherche (français, étrangers ou transationaux), en s’interrogeant sur le regard que les historiens du XIXe siècle peuvent porter sur ces récits audiovisuels. Comment les considérer ? Quels discours tenir à leur encontre ? Avec quelles méthodes peut-on les aborder ? Quelle place leur accorder, dans des recherches comme dans des enseignements ? Quelles relations peut-on instaurer entre ces réalisations et les sources produites au XIXe siècle, qu’il s’agisse d’imprimés ou d’images ? On pourra également questionner la place de l’expertise historique dans la fabrication et la médiation de ce XIXe siècle en images animées. L’historien spectateur et téléspectateur peut en effet aussi devenir « acteur » de ces récits audiovisuels, lorsqu’il est sollicité pour présenter un film ou en débattre, pour participer à un documentaire ou tenir le rôle de conseiller historique d’une réalisation cinématographique ou d’un programme télévisuel.

Les propositions, d’une longueur maximale d’une page, sont à envoyer avant le 15 mai 2024 à Sophie.Lhermitte@univ-paris1.fr et Sebastien.Le-Pajolec@univ-paris1.fr

Patrimoines culturels immatériels. Entre circulations culturelles et tensions patrimoniales

Revue « Sociétés & représentations », n° 60

Argumentaire

Le patrimoine s’est historiquement construit en Europe dans une démarche d’affirmation des nations et des cultures nationales. Après le second conflit mondial, l’idée de patrimoine mondial, matériel, a nourri l’idée d’une universalité de la culture, présentée comme vecteur de dialogue entre les peuples et de paix entre les nations.

Cependant, dans les années 1970, l’élargissement de la notion de patrimoine en lien avec une anthropologisation de la notion de culture – issue de la modification des rapports de force post-coloniaux dans les organismes onusiens – a été suivie par l’institutionnalisation, à travers l’UNESCO, d’un nouveau champ patrimonial, le patrimoine culturel immatériel. Parallèlement à l’idée de l’universalité culturelle, celui-ci défend l’idée de la diversité culturelle, définie comme étant à l’humanité ce que la biodiversité est à la nature. Ainsi, la Convention de 2003 sur la Sauvegarde du patrimoine culturel immatériel constitue, avec la Convention de 2005 sur la Protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, un dispositif destiné à protéger et à valoriser les pratiques culturelles menacées par les risques d’uniformisation des cultures, mais aussi à rendre visible des groupes et minorités effacés au sein de l’État-nation.

Dans un monde où les circulations et les contagions culturelles se sont vues favorisées par des mobilités jusqu’alors inégalées et par des technologies de communication qui mondialisent les références culturelles, le patrimoine culturel immatériel a ainsi promu l’hétérogénéité des cultures au sein même de ce qu’il désigne comme une communauté culturelle mondiale. Par là même, il a, dans le même temps favorisé et renforcé de nouvelles expressions de sens et de valeurs identitaires, ethniques et/ou nationalitaires, inscrites dans des pratiques sociales dites traditionnelles, communes et/ou populaires : la cuisine, le vêtement, la coiffure, le motif décoratif et la pratique artisanale, tout comme les célébrations, les festivals et les savoirs naturalistes sont ainsi devenus le lieu de dénonciations croissantes de différentes formes de spoliations de pratiques par des cultures étrangères à celles qui se représentent et se donnent à voir comme un berceau culturel originel.

Dans ce numéro, l’idée est de traiter la façon dont les représentations des identités qui transparaissent et s’énoncent à travers les patrimoines culturels immatériels, qu’ils soient ou non institutionnalisés, se construisent sur des discours, images et imageries de l’authenticité, de l’origine, des minorités, des rapports de domination, de l’assimilation et de l’appropriation culturelles. En dépit de toute la documentation produite par les historiens sur l’ampleur spatio-temporelle des circulations culturelles, les patrimoines immatériels tendent ainsi à devenir des nouveaux vecteurs de tensions émotionnelles qui s’inscrivent aussi dans des rapports géopolitiques (force, prestige, etc.) et géoéconomiques (exploitation économique, propriété intellectuelle, etc.). 2

Il ne s’agit donc pas ici de traiter les tensions existant autour de questions de propriété, de frontières ou de spoliations de biens culturels matériels (archéologie, musées, etc.) qui sont déjà bien documentées, mais d’analyser la façon dont les notions de patrimoine immatériel et de diversité culturelle, intrinsèquement liées selon la conception unesquienne, ont pu, exacerber les tensions autour de l’idée de communauté culturelle.

Coordination du numéro

Sociétés et Représentations n°60 – Septembre 2025

  • Julia Csergo (Université du Québec à Montréal, CA)
  • Jessica Roda (Georgetown University, Washington, EU)

Instructions et calendrier

Les propositions d’articles comprenant un résumé d’environ 250 à 300 mots (environ 1500 signes) ainsi qu’une rapide notice biographique sont à faire parvenir aux directrices du numéro :

  • Julia Csergo : julia.csergo@uqam.ca
  • Jessica Roda : jr1791@georgetown.edu

au plus tard le 15 mars 2024

  • Les articles proposés doivent avoir un caractère totalement inédit.
  • Les résultats de la sélection des propositions seront annoncés le 30 mars 2024 avec les recommandations éditoriales.
  • Les textes des articles d’une taille d’environ 7500 mots (ou environ 30.000 à 40.000 signes) incluant notes et bibliographie, seront à remettre pour le 30 novembre 2024. Vous pouvez rédiger votre article en français ou en anglais.
  • Les textes seront soumis à évaluation en double aveugle pour acceptation, corrections (mineures ou majeures) ou refus. Les retours d’évaluations se feront au plus tard le 31 janvier 2025.
  • La version définitive des textes avec l’ensemble du paratexte (figures avec cessions de droits iconographiques, légendes, résumés, bios et mots-clés) est à rendre au plus tard le 31 mars 2025.

Tourisme, Arts et Mémoire(s)Conférence internationale

Université de Lille (Roubaix, Faculté de Langages, Cultures et Sociétés)

Ce colloque international et interdisciplinaire, organisé par l’Université de Lille, en partenariat avec l’Université Littoral Côôte d’Opale et l’InREnT, vise à rassembler des chercheurs de toutes disciplines mais aussi des professionnels et des acteurs du secteur touristique : https://tam24.univ-littoral.fr/